▪ La crise économique internationale

La crise dont nous souffrons aujourd'hui est également le résultat d'une expansion du crédit. La crise actuelle est la conséquence inévitable d'un boom. Une telle crise suit nécessairement tout boom suscité par la tentative de réduire le « taux d'intérêt naturel » par l'accroissement des instruments fiduciaires. Mais la crise actuelle diffère sur certains points essentiels des crises précédentes, tout comme le boom l'ayant précédée différait des essors économiques précédents.

La période de boom la plus récente n'a pas entièrement pris fin, au moins en Europe. Certains pays et certaines branches de la production n'ont pas été touchés de façon très importante par l'embellie qui, dans de nombreux pays, fut assez agitée. Un peu de la dépression précédente continuait, y compris pendant l'embellie. Pour cette raison — en accord avec notre théorie et sur la base de l'expérience passée — on aurait pu s'attendre cette fois à ce que la crise soit plus douce. Mais elle est à coup sûr bien plus sévère que les crises précédentes et il apparaît peu probable que la situation économique s'améliore de sitôt.

L'absence de rentabilité de nombreuses branches de la production et le chômage d'une proportion importante de travailleurs ne peuvent évidemment pas être due au seul ralentissement des affaires. Cette absence de rentabilité et ce chômage sont tous deux accentués en ce moment par la dépression généralisée. Mais ils sont devenus, en cette période d'après-guerre, un phénomène durable qui ne disparaît pas complètement y compris lors de l'essor économique. Nous sommes confrontés ici à un nouveau problème que la théorie des changements cycliques ne peut pas résoudre à elle seule. (Source : Anonyme)

▪ La crise financière en France

Qu'en est-il en France ? Les banques françaises n'ont pas montré jusqu'ici de signes annonciateurs de faillite, même si elles ont toutes annoncé plusieurs milliards d'euros de pertes dans l'affaire des subprimes. Le Crédit agricole a été la plus touchée avec jusqu'ici 6,5 milliards de pertes liées à cette affaire à ce jour. Et la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, se veut optimiste. "Nos banques font à 75% des activités de dépôt et elles ont pour 25% une clientèle d'affaires (...) Leur modèle est beaucoup plus équilibré et je pense qu'avec le système de réglementation que nous avons, notre système est solide", a-t-elle assuré dimanche.
"Personne ne sait véritablement ce qui va se passer"
"Tout le monde peut s'accorder pour dire que les banques françaises sont en situation de risque moins grand qu'aux Etats-Unis ou même dans d'autres pays européens", a renchéri sur France inter Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée. Il a dit fonder cet optimisme sur deux raisons. Les banques françaises se seraient moins engagées dans l'immobilier et seraient moins parties à l'aventure dans des valeurs "fragiles", les produits financiers composés à partir des risques et des dettes des crédits immobiliers à risque américains. Le bras droit de Nicolas Sarkozy a convenu toutefois qu'il existait un point d'interrogation.
"Personne ne sait véritablement ce qui va se passer", a-t-il admis. Il a souligné que les produits sophistiqués mis au point par les banques et leur opérations étaient devenus tellement complexes que les opérateurs eux-mêmes ne savaient plus très bien quel était le niveau de risque. (Source LCI)

▪ L’action du gouvernement Français pour lutter contre la crise

Ce plan est essentiellement axé sur l'investissement et les entreprises. D'une part, il a pour but de soulager financièrement les entreprises, notamment les PME. D'autre part, il prévoit le lancement de grands programmes d'investissements publics. La ministre des finances Christine Lagarde a estimé, dans un entretien que ces mesures "devraient générer entre 80 000 et 110 000 emplois" et "0,8 point de croissance supplémentaire". "[Cela] représente un effort par emploi créé équivalent à celui du plan de relance annoncé par la future administration Obama", juge-t-elle. Le secteur du bâtiment, particulièrement affecté par la crise, bénéficiera d'un certain nombre de mesures dont le but sera de stimuler l'offre et la construction de logements.
En optant de venir en aide financièrement aux entreprises, le gouvernement veut que l'argent injecté serve à relancer les investissements à ce niveau pour doper la croissance, estime Arnaud Leparmentier, journaliste au Monde. Un des principaux risques de ces mesures est un accroissement rapide du déficit public de l'Etat, note Natacha Valla, économiste chez Goldman Sachs. Invité au journal de 20 heures de TF1, jeudi, le premier ministre François Fillon a confirmé que le déficit serait de 3,9 % en 2009. Pour mettre en œuvre ces mesures, le chef de l'Etat a annoncé la nomination d'un ministre chargé de la supervision.